Codeurs en Seine 2019


Le 21 novembre 2019 avait lieu la 7ème édition de Codeurs en Seine. Cet évènement nous permet d’assister à des conférences tout au long de la journée sur des sujets autour du monde du développement.

Codeurs en Seine en Bref

Ce rassemblement est unique en France. C’est le seul dont l’entrée est gratuite. Les organisateurs oeuvrent ainsi pour rendre le partage de connaissance accessible à tous grâce au financement des différents sponsors.

Ce temps privilégié permet ainsi de créer du lien et apprendre tous ensemble.

Derrière l’association, les bénévoles ont d’autant plus de travail puisqu’ils organisent des meetup régulièrement. Cette journée, qui a su réunir environ 1000 personnes se prépare à partir du mois de février. Je tire ma révérence à toute l’équipe qui fait un travail incroyable et intense pour rendre cette journée agréable pour chacun d’entre nous. 👏

Back to basics

J’ai vécut à Rouen il y a quelques années alors c’était une bonne opportunité de revenir. Nous sommes arrivées la veille avec Agnès afin de souper avec les organisateurs et autres speakers.

Après avoir été participante à de nombreux “festivals Tech”, c’était l’occasion de découvrir l’envers du décor en échangeant avec les organisateurs, orateurs aguerries ou junior.

Les bénévoles étaient aux petits soin avec chacun d’entre nous. ❤ Au préalable, ils ont pris compte de nos différents régimes alimentaires afin de s’assurer d’être inclusif.

Codeurs en Seine et démarche écologique 👏

  • Une application web était disponible afin de ne pas avoir de programme en version papier. (Merci YoannIvanNicolas et Alexandre)
  • Un carton était disponible à la sortie de l’évènement afin de ne pas garder des éventuelles goodies dont on ne se servirait pas.
  • Les classiques éco-cup en libre service afin d’éviter d’utiliser trop de gobelets en plastique.

Keynote d’ouverture — Le pouvoir du simple

La journée démarre avec un mot des organisateurs suivi d’une conférence par Thierry Croix.

Il démarre ainsi avec un constat. Celui qu’aujourd’hui, nous vivons dans un monde d’expertise. Nous trouvons des buzzword ainsi que des métiers d’UX pour absolument tout.

Je cherche un UX writer
– un client

Petit à petit, nous avons complexifié notre vie de tous les jours et nous nous sommes habitués à celle-ci. Il prend notamment l’exemple d’une télécommande pour la télévision avec un grand nombre de boutons où finalement nous n’en utilisons que la moitié… (et encore)

En réunion, nous utilisons ainsi des buzzword sans nécessairement savoir de quoi nous parlons réellement. Nous n’osons pas toujours nous exprimer afin de dire “Je ne sais pas ce que cela signifie”. Pour la simple et bonne raison que “nous sommes des experts et nous savons ce que nous faisons”.

De même, les clients s’attendent à avoir des réponses complexes et c’est ce qui entretient la douce machine de la complexité.

Par ailleurs, l’ego a une certaine place dans ces différents dialogues car nous ne pouvons pas répondre “La solution, c’est juste ça. Cela fera 1 million d’euros, s’il vous plait…” Nous cherchons à légitimer d’une certaine façon les tarifs que nous donnons.

Cette conférence est ainsi une invitation à revenir à la simplicité.

Simplifier c’est vulgariser

Le véritable expert c’est celui qui est capable d’expliquer un process, un produit, une méthodologie etc. à un enfant de 6 ans. Les notions peuvent être plus complexes mais elles ne sont pas nécessairement plus compliqué. À force de complexifier, nous multiplions les symptômes sans soigner la maladie.

La solution ? Réfléchir au problème de base. Répondre à la question: “C’est quoi le problème?”. Cela peut-être fait en utilisant la technique des 5 pourquoi.

L’innovation c’est quand tu comprends que les gens ne veulent pas une table mais un endroit où manger.

Comment faire accepter le simple ?

L’acceptation de la simplicité touche à l’égo des personnes. Le travail sur l’ego n’est pas aisé. C’est ainsi que nous pouvons travailler notre façon de communiquer afin de pouvoir revenir à LA question de base. Quel est le problème initial? Qu’est-ce que nous essayons de résoudre ? Ainsi, nous pourrons ensuite oser dire « c’est juste ça ».

Epanoui au travail: yes, no, maybe, I don’t know

Notre conférence était prévue à 14h30. Cela nous laissait suffisamment de temps pour sentir le stress monter. (Même si celui-ci m’envahissait depuis plusieurs jours voire semaines, rien de rationnel mais tout est dans l’acceptation et le lâcher prise.)

Le matin même, nous répétons notre texte, revoyons les différents éléments que nous souhaitons évoquer et le message que nous avons envie de passer.

Nous prenons aussi le temps de faire le tour des stands à l’espace Sponsoring. Clever Cloud, Saagie, Attineos etc. Nous nous changeons les idées en prenant des photos (oui j’ai une passion pour les photos) ou en essayant de gagner une machine à raclette, des dés à 20 faces et autres curiosités.

Le temps passe vite et lentement à la fois.

Les minutes avant de monter sur scène, le blanc. Rien ne semble revenir. Nous ne parvenons pas à nous souvenir de notre texte… Nous nous installons dans la salle et mettons les fameux micros madonna. Je m’entends parler sur les enceintes. C’est assez surprenant, intimidant et intéressant en même temps. 🙂

En face de nous, je dirais qu’il y a entre 100 et 150 personnes. J’essaye de balayer un peu la salle du regard mais dès que je bouge trop la tête, je me rends compte que cela fait sauter mon micro. Je compose avec, l’important c’est de toujours faire de son mieux. (un des accords Toltèques issue du livre de Miguel Ruiz)

Nous pouvons ainsi commencer et je sens que la pression retombe à partir du moment où je m’exprime. C’est l’instant présent qui prend le dessus. Notre texte revient dans l’ensemble. J’ai quelques oublis mais Agnès était là pour compléter si besoin.

Avec cette conférence, nous avions à coeur d’évoquer ce que les entreprises peuvent mettre en place pour favoriser le bien-être au travail de chacun mais aussi ce que nous nous pouvons faire pour agir sur notre propre bien-être. La deuxième partie passe par beaucoup de questionnements que nous pouvons avoir, une introspection sur nous même.

Cela peut peut-être paraitre utopique mais je pense sincèrement que nous pouvons mettre en place des actions à notre niveau pour construire un travail qui nous épanouisse. Nous sommes privilégiés sur de nombreux points et nous pouvons saisir les opportunités qui nous aide à évoluer selon nos envies.

À la fin de la conférence, nous avons quelques questions mais aussi des personnes qui enrichissent le contenu de la présentation en partageant leur vision de l’épanouissement au travail ou encore des choses mises en place dans leur entreprise pour favoriser le bien-être.

Quelques personnes viennent échanger avec nous directement et nous poser des questions complémentaires. J’étais assez surprise et surtout très touchée. Je suis de nature assez exigeante avec moi-même et j’aurais vite fait de ne retenir que les retours mettant en avant que c’était “trop mou”.

Cela dit, j’aime me rappeler que cette conférence vaut la peine d’être donnée s’il y a au moins une personne dans la salle qui repart avec un apprentissage.

Quoiqu’il en soit c’était une belle expérience. J’apprends de plus en plusà aimer sortir de ma zone de confort.

Soit, c’était trop mou pour certains, quelques portes ouvertes ont été enfoncées mais c’est grâce à ces entrainements et vos retours que nous allons pouvoir améliorer le contenu de notre présentation. Quoiqu’il en soit, la bienveillance était au rendez-vous est c’était très plaisant.

Ainsi, merci à toutes les personnes qui sont venues nous écouter. Pour vous ce n’est pas grand chose mais pour moi, cela représente beaucoup. ✨

Lien vers nos slides

Keynote de clôture — Carte blanche à Fred Leguédois

C’est ce que nous pouvons appeler un “one man show” qui ponctue la journée en beauté.

Il commence tout d’abord par une explication sur la retroactivité avant de petit à petit nous parler dans le fond, des véritables valeurs de l’agile.

Les étapes de développement d’un produit sont les suivantes: comprendre le besoin client, tester, développer puis livrer.

Il évoque ensuite trois mauvaises idées possibles lors du cycle de développement.

Première mauvaise idée: accroitre le nombre de ressources sur le projet.

En effet, avoir plus de ressources ne signifie pas que les livraisons seront plus rapides. Cela va simplement permettre de développer plus de fonctionnalités.

9 femmes ne font pas un bébé en un mois

Deuxième mauvaise idée: Ne pas améliorer la qualité

Le fait d’envoyer en production pour tester et apprendre de nos erreurs ne justifie pas de ne pas améliorer la qualité de ce qui est produit.

Troisième mauvaise idée: Mettre la pression aux développeurs

Un.e développeur.se ne sera pas plus efficace si on lui met la pression. (et cela ne favorise en rien le bien-être au travail 😉)

En partant ensuite de ces trois mauvaises idées, nous pouvons donc nous poser la question suivante:

Comment peut-on aller plus rapidement en production sans ressources supplémentaires, sans faire de compromis sur la qualité et sans mettre la pression aux développeurs ?

La solution qu’il propose est de faire des toutes petites fonctionnalités. Découper fonctionnellement en se mettant dans la peau de l’utilisateur. La plus petite fonctionnalité possible est la plus petite fonctionnalité utilisable par l’utilisateur.

Par exemple: pour un formulaire, la plus petite fonctionnalité c’est d’avoir le bouton pour envoyer le formulaire même si celui-ci ne comporte aucun autre champs.

Ainsi, les livraisons seront plus fréquentes. De fait, le client acceptera que les fonctionnalités soient plus petites.

Ce qui est bien avec la réactivité c’est que le client est convaincu que c’est de la vitesse

Enfin, il évoque les différentes certifications agile qui existe aujourd’hui. Des formations d’une durée de 2 jours voire plus. Il affirme ainsi que la certification garantit un niveau d’ignorance maximale.

Cela rejoint la keynote d’ouverture et au monde d’expertise dans lequel nous vivons. Nous voulons des experts et pourtant nous n’irions pas confier notre chirurgie à quelqu’un qui s’est formé en deux jours.

Le “problème” qu’il soulève avec la certification est qu’un incompétent est beaucoup moins nuisible qu’un incompétent certifié.

Remerciements

Merci encore aux organisateurs et bénévoles de Codeurs en Seine. Je suis très heureuse d’avoir eu l’opportunité de prendre la parole à cet évènement. Un grand merci pour votre confiance, votre bienveillance et vos attentions à l’égard des orateurs.trices.

Merci à Agnès qui m’apaise et me rassure. Merci d’être à mes côtés pour vivre ces expériences.

Merci à David pour ton humour, tes morceaux de saxophone et tes retours objectifs et riches. Merci de t’être mis au premier rang pendant la conférence pour me rassurer. 😉

Merci à Rudy pour tes conseils très avisés pour me déstresser. Ils me restent en mémoire… Pour le meilleur et pour le pire. 😁