Critiques constructives et syndrome de l’imposteur


Avez-vous déjà entendu parler de ce syndrome ? 

Le syndrome de l’imposteur, c’est ce sentiment d’illégitimité qui prend racine en nous .

Dans le cadre du travail, il s’apparente à une personne qui pense ne pas mériter la place ou le poste qu’il occupe. Le mot imposteur vient du fait que cet individu en question, aura peur de se faire démasquer. Si bien qu’il craindra que d’un coup, ses pairs découvrent qu’il n’a pas les compétences nécessaires pour occuper son poste et qu’il est une fraude.

Comment reconnaître ce syndrome ?

  • Vous avez du mal à accepter les compliments concernant votre travail
  • Vous ne vous attribuez pas vos propres succès
  • Vous avez des difficultés à demander de l’aide par crainte du jugement d’autrui
  • Vous êtes perfectionniste et très critique (particulièrement envers vous-même)
  • Vous avez des difficultés à accepter les critiques constructives

Par ailleurs, il y a bien sûr d’autres facteurs que ces derniers mais s’ils résonnent particulièrement en vous, vous venez peut-être de mettre le doigt sur un ressenti qui touche de nombreuses personnes.

Si vous parlez anglais, je vous invite à répondre à ce questionnaire pour avoir une petite idée : impostortest.nickol.as/.

Les critiques constructives

Pendant longtemps, je pensais être dotée d’une extrême sensibilité et susceptibilité. Avec le temps, j’ai découvert que je n’étais pas seule et que beaucoup de personnes, comme moi, ont des difficultés à accepter les critiques concernant leur travail. Quand bien même ces dernières sont constructives, elles peuvent paralyser.

La principale raison étant de déformer le propos de la personne nous donnant un avis. Nous allons facilement identifier la critique à : « Je suis nulle », «je ne suis pas à la hauteur » ou « tout est à jeter dans mon travail ».

Lorsque l’on arrive au point de penser que notre travail n’a pas de valeur, cela peut être assez difficile moralement. Ainsi, j’ai envie de mettre ici une liste de secours pour les personnes faisant face à de la critique et ayant du mal à prendre du recul sur la situation.

Bien entendu, les émotions que vous ressentez ne sont pas vos ennemis et ces clés n’ont pas pour objectif de vous restituer votre bien-être. L’idée est plutôt de prendre du recul sur la situation afin de l’aborder avec plus de légèreté.

Je citerai notamment des accords Toltèques issues du livre de Miguel Ruiz. Ces accords sont en quelques sorte une ligne de conduite qui permet d’appréhender le monde sereinement.

1. Ne pas en faire une affaire personnelle

Il s’agit d’un des quatre accords Toltèques qui s’applique aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle.

Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité.

De fait, toute critique qui vous est rapportée ne vous concerne pas vous, en tant que personne. C’est très important de dissocier le travail que vous effectuez et vous en tant que personne. Ce n’est pas à vous que l’on dit non mais à un travail produit. Certes, vous avez effectué le travail mais le fait est que vous n’êtes pas ce travail.

2. Remettre la situation dans son contexte

La situation que vous vivez n’émet aucun jugement, elle est neutre. Le fait pourrait s’apparenter à quelque chose comme : « J’ai rendu ce travail. On m’a fait le retour suivant ».

Le risque avec le syndrome de l’imposteur est de penser que le fait indéniable est : « J’ai rendu ce travail, on m’a fait le retour que ce que j’ai produit était un témoignage de mon manque de professionnalisme et de qualité ». Repensez à la situation en la formulant de façon neutre, sans porter de jugement. La neutralité réside dans les faits. Par conséquent, essayez de formuler votre ressenti de façon à ce que n’importe quelle personne observant la situation de l’extérieur soit capable de confirmer qu’il s’agit bien de ce qu’il s’est passé.

3. Éviter de distordre de la réalité

La distorsion consiste à prendre une situation donnée et la déformer. Par exemple, en repensant à un retour qui pourrait être « On pourrait améliorer telle fonctionnalité » on se souvient d’ « Il faut tout refaire, rien n’est bon ». (Bien entendu, je pousse intentionnellement les exemples à l’extrême pour faire comprendre mon point.)

Enfin, il peut être intéressant de communiquer avec la personne vous ayant fait le retour pour vous rassurer. Naturellement, si l’ambiance dans votre entreprise n’est pas à la bienveillance, je vous invite plutôt à vous demander si votre vision actuelle de la situation vous sert ou vous dessert ? À qui profite vos pensées actuelles ?

4. Ne pas faire de suppositions

Il s’agit d’un autre accord Toltèques très intéressant. Ne cherchez pas à interpréter les propos d’une personne. Nos suppositions sont des créations de notre pensée. D’ailleurs, elles peuvent parfois se retourner contre nous car nos hypothèses peuvent devenir nos croyances. Ces dernières nous amènent ainsi à agir selon un comportement de pression qui, dans de nombreux cas, ne nous est pas bénéfique.

5. Accepter d’être imparfait

Le perfectionnisme est souvent l’une des caractéristiques d’un individu ressentant le syndrome de l’imposteur. Cela dit, de par notre nature d’être humain, nous ne sommes pas parfaits. Nous avons le droit de ne pas savoir et de faire des erreurs. Il est important d’éviter de s’autocensurer.

Afin de ne pas être rejeté, nous allons avoir tendance à ne pas agir. Stromae mettait l’accent sur ce fait dans une de ses chansons.

Mieux vaut ne rien faire, que de faire mal.

Cette phrase résume bien la peur du jugement, du rejet et de l’échec.

Pourtant, ce sont justement les actions qui nous mettent en défaut qui nous permettent de nous améliorer. Autrement dit, autorisez-vous à vous tromper.

Ainsi, le plus important est, je pense, de prendre conscience que vous êtes ASSEZ. Vous avez tout ce qu’il faut en vous pour réussir. Le temps vous apportera l’évolution et la progression dont vous avez besoin. Peu importe les difficultés, les échecs, le regard des autres ou le temps qui passe. On avance, on apprend, on se relève et on recommence.

En d’autres termes: vous êtes légitime le jour où vous acceptez de l’être.