Immersion Japonaise à Tokyo


Alors que le Covid-19 envahit les esprits, inquiète les uns et indiffère les autres. Je fais partie de ceux qui sont tout de même partie en voyage. Ce n’est pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un rêve qui se concrétise. Celui de découvrir ce pays depuis plusieurs années.

Je suis émue d’être ici. Aujourd’hui, je suis devant mon ordinateur dans la salle commune de ma douce auberge de jeunesse à rédiger ces premières phrases.

Je n’en suis qu’aux premiers jours de cette aventure mais mon voyage n’est en rien ce que j’avais imaginé. La beauté de l’instant présent réside dans cette part d’improvisation et de surprises.

Je vous invite à vous installer confortablement, mon récit va être plus long qu’à l’accoutumé. J’en ai des choses à raconter.

Tenryu-ji garden, Arashiyama

La plantation d’une graine

Alors que j’étais au collège, je lisais beaucoup de mangas avec ma soeur. (Coucou Loulou <3) 

En dévorant ces récits, j’ai commencé à regarder des animes, des séries japonaises mais aussi écouter de la J-pop. Je me souviens encore de ma première Japan expo avec Marine. Nous étions dans notre chambre d’hôtel pour préparer notre meilleure style vestimentaire « Visual Kei » et nous n’étions pas prête pour toutes les découvertes qui nous attendaient. Des stands pour les différents artisans. Des concerts dont celui de Miyavi. Nous croisions Lucile qui avait participé à la nouvelle star. Nous prenions des photos avec des cosplayers. Enfin, nous faisions le plein de goodies et tenues vestimentaires.

Rencontre au Parc d’Ueno

Suite à cela, mon style vestimentaire gothique/emo/visual était en pleine croissance et c’était aussi le début de mes premières romances. Des étoiles plein les yeux, comme si ma vie était un Shojo manga.

J’annonçais fièrement que lorsque j’aurais terminé au lycée, vers mes 18 ans, j’irais visiter le Japon. J’avais même commencé à apprendre le Japonais grâce à un livre. Je pense même avoir toujours dans un carton quelques manges que j’avais dessiné.

La croissance et la patience

Les années ont filé, défilé et toujours aucun voyage ne se profilait. À 27 ans, je peux presque dire que je souhaite aller au Japon depuis la moitié de ma vie. J’ai été patiente. J’ai visité d’autres pays en gardant celui-ci dans un coin de ma tête.

  • « J’irais quand j’aurais plus d’argent »
  • « J’irais quand xxx sera disponible »
  • « J’irais quand j’aurais plus de vacances »
  • « J’irais quand j’aurais trouvé des gens pour venir avec moi »

Il y avait toujours une bonne excuse pour changer de destination. 

Finalement, c’est en écrivant ce récit que je réalise que toutes mes expériences passées étaient celles que j’avais besoin de vivre pour apprécier mon voyage. J’apprends toujours la patience. J’avais aussi besoin d’apprendre la résilience. Avoir déjà voyagé seule est également l’un des aventures sans laquelle je n’aurais su être ici aujourd’hui. De même, laisser place à la surprise sans organiser de façon très rigide mon voyage me permet de l’apprécier davantage.

Les premiers bourgeons

L’idée d’enfin passer à l’action est survenue aussi soudainement que naturellement. Je répétais depuis plusieurs années que je voulais aller là-bas sans prendre de disposition.

Vous le savez peut-être déjà mais lorsque dans un coin de votre tête vous avez une idée ou une envie, tout autour de vous va vous apparaitre comme des « signes » pour confirmer votre souhait. C’est comme si j’avais débloqué un nouveau niveau dans un jeu vidéo qui pourrait s’intituler « Objectif Japon ». Autour de moi, les personnes se rendaient au Japon. Les personnes que je rencontrais y avaient été ou préparaient leurs voyages. Certains collègues s’y rendaient ou me parlaient de leurs expériences. Tout autour de moi était une confirmation qu’il était temps que j’y aille. Je portais des lunettes avec le filtre Japon depuis plusieurs mois. Je recommençais à lire des mangas en tout genre… De quoi confirmer mes croyances et mon envie de m’y rendre.

Alors que j’avais simplement prévu de me rendre en Pologne pour le Grand Beatbox Battle (reporté dû au virus actuel, ma déception est grande bien que reporté soit mieux qu’annulé) j’ai eu l’idée d’aller au Japon avant d’enchainer sur une semaine dans ce pays. 

La graine avait germé, poussé et les premiers bourgeons faisaient leurs apparition. J’ai commencé à organiser mon voyage avec beaucoup de flexibilité. Le nom des villes où j’aimerais me rendre. Un itinéraire vague. Des idées de logements et transport. La liste des « must do ». Je vais d’ailleurs vous avouer que plusieurs des éléments de cette liste ont été coché en moins d’une semaine. Entre autre, essayer des purikuras, me rendre dans un temple, voir une salle d’arcade, aller dans un sex shop, gouter des spécialités locales…

La floraison

J’ai fais mes premiers pas en terre inconnue le sourire aux lèvres malgré la fatigue. Une fois n’est pas coutume mais je n’ai pas réussi à dormir dans l’avion. Mon super pouvoir est pourtant de pouvoir dormir partout, en toute circonstance. La voiture, le bus, le bateau, le train, le camping etc. Cette fois-ci, non. Peut-Être un mélange d’anxiété, d’adrénaline, d’impatience et d’excitation m’habitait.

En prenant le bus pour me rendre en ville je souris en voyant les voitures rouler à gauche. Je me souviens alors de Misao, un personnage de Peach Girl qui n’osait pas tourner à droite en voiture car cela impliquait de devoir couper la route aux autres voitures. Je repense également à Onizuka dans GTO lorsque je vois un camion passer. Je me souviens plus particulièrement de cette phrase où il dit « Je vais devenir le Grand Routier Onizuka ». Je pense également à mon cousin, que nous appelions Onizuka. J’esquisse un sourire en repensant à mon idée de devenir routière pendant un temps. Je déguste mes premiers ramens et je sens mon nez qui commence à couler. Cette scène est présente dans un manga dont je ne parviens pas à me souvenir du nom.

J’ai aussi eu l’occasion de tester les purikuras. Des photomatons japonais où l’on peut customiser la photo en ajoutant différents dessins et stickers sur la photo. Comme dans les animes ou manga.

Je me sentais telle une kogal alors que je parcourais les rues de Shibuya. Je voyais la statue du chien Hachiko et je me souvenais du manga nana. Je fredonne l’air de Glamorous Sky sans m’en rendre vraiment compte.

Précédemment j’évoquais le fait qu’avoir déjà voyagé seule m’a permis d’être là où j’en suis aujourd’hui. Je me rends vraiment compte que je suis plus confortable à l’idée de passer du temps seule depuis que j’ai effectué mon tout premier voyage. Il y a bien entendu des moments où j’ai envie de rencontrer des gens et de partager des moments avec d’autres personnes mais c’est aussi ces activités seules qui me permettent de rencontrer des locaux que je n’aurais pas pris la peine de « chercher » sinon. 

Depuis mon arrivée, mes idées d’activités ont été chamboulés puisque de nombreux musées, parc d’attraction et autres sont fermés. J’ai beaucoup flâné dans la ville et une journée, j’ai décidé de me rendre au Mont Takao.

Le temps était clément, la vue dégagée. Arrivé en haut du mont j’ai pu apercevoir le mont Fuji. Je trouvais qu’il y avait beaucoup de monde mais apparement, cela ne représente qu’une toute petite partie des gens présents habituellement. 

Je décide de prendre le temps de m’assoir et profiter de la vue. J’avais un rendez-vous dans l’après-midi mais je me suis dit qu’il pourrait attendre. J’avais simplement envie d’être dans l’ici et le maintenant avec cette vue à couper le souffle.

J’ai pris quelques respirations et je me suis concentrée sur mes différents sens. Ma vue. Les sons autour de moi. Le vent souffle sur ma peau, le soleil réchauffe ma peau. C’est à ce moment là qu’un japonais s’assied à côté de moi et essaye de me faire la conversation. Il parle peu anglais et je ne parle pas japonais. Son histoire m’a touché, il se rend au mont Takao deux fois par semaine et il vient à la rencontre des touristes du monde entier. J’ai l’honneur de prendre une photo avec lui et de renseigner dans son carnet « Andréa from France, 13/3/2020 ». Les noms inscrit remontent à 2018. Il y note chaque rencontre qu’il a pu faire. De plus, il a de nombreuses anecdotes à raconter et, malgré la barrière de la langue, la magie fait effet. Je suis sous le charme de ce Japonais de 80 ans. Sa douceur et sa bienveillance sont sans égale.

Nos chemins se séparent et je décide de prendre une autre route de randonnées par les arbres pour rejoindre la station de train. Peu de gens l’empruntent et je profite de rares moments de solitude pour m’entrainer en beatbox. C’est vraiment compliqué pour moi de m’entrainer lors de ce voyage puisque je n’ose pas faire des sons avec ma bouche lorsque je croise des personnes.

En tout cas, en une heure de marche, il y a un petit son bien sympa que je parviens presque à maitriser. La suite au prochain épisode… hihihi

Ce n’était qu’un bref résumé de mes prémices à Tokyo mais il résume plutôt bien mes pensées actuelles.

J’espère que mes quelques photos vous plairont également. Elles n’ont pas toujours un lien avec le texte… héhé