- Qu’est-ce qu’une relation d’emprise ?
- Comment reconnaître ses mécanismes et ses signes ?
Dans cet artocle je vous explique comment l’emprise s’installe progressivement, pourquoi il est si difficile d’en sortir, et quelles étapes permettent de se libérer et de se reconstruire.
Qu’est-ce qu’une relation d’emprise ?
Il faut savoir que l’emprise peut se constater dans tous les milieux et tous les domaines. Une relation d’emprise peut exister autant en amour qu’en amitié. Mais aussi se manifester au sein de sa famille ou au travail, avec des collègues.
Si je prends la définition de l’emprise dans le dictionnaire, cela est décrit comme un ascendant intellectuel ou moral de quelqu’un. Une influence de quelque chose sur une personne.
On retrouve donc assez nettement cette notion d’ascendant et de domination.
Je dirais ainsi que quand on parle d’emprise, il s’agit d’une relation de pouvoir et de domination qui s’installe progressivement. L’un prend le contrôle et l’autre perd peu à peu sa liberté. La personne sous emprise est réduite à un rôle d’instrument : ses besoins, ses émotions et son identité passent au second plan. Elle est dévalorisée, culpabilisée, parfois isolée, jusqu’à douter d’elle-même.
Si bien que l’emprise crée un lien de dépendance extrême qui peut entraîner des violences psychologiques, morales, physiques et/ou sexuelles.
Et je vais le mentionner dès maintenant aussi, l’emprise n’est pas une relation d’amour. C’est même son opposé. Puisque l’amour ouvre, soutient et rend libre alors que l’emprise enferme, diminue, contraint et fait souffrir. C’est une relation qui éteint au lieu de faire grandir.
Les rôles dans l’emprise
Tout au long de l’article, je vais employer les termes de dominant et dominé pour que vous compreniez bien à quelle personne de la relation je fais référence.
Qu’on s’entende, quand je parle de dominant, je parle de la personne qui a une emprise sur l’autre. C’est celle qui va user de certains mécanismes pour maintenir une relation de domination à l’autre et conserver l’asymétrie relationnelle. Asymétrie car les personnes ne relationnent pas du tout d’égal à égal.
Et le terme de dominé, je vais l’employer pour décrire la personne qui est sous emprise et qui subit les manipulations de l’autre. Et c’est important pour moi de préciser que, ce terme de dominé n’est pas péjoratif ou dégradant. Une personne manipulée ne choisit pas de se mettre dans cette situation. Et surtout, Personne n’est prédestiné à être victime de relation toxique. C’est quelque chose qui peut arriver à chacun et chacune d’entre nous au cours de notre vie sans que cela ne remette notre valeur en question.
Maintenant que cela est dit, quels sont les signes d’une emprise amoureuse ?
Les signes d’une emprise amoureuse
L’emprise a de nombreux visages et les formes qu’elle prendra pourront varier selon les relations, les personnalités et les contextes. On retrouve néanmoins presque toujours un ensemble de caractéristiques communes.
Perte de liberté et isolement
On va avoir la perte progressive de liberté et l’isolement.
Au début, cela ne se voit pas forcément. Mais petit à petit, la personne dominée se met à modifier ses comportements, ses choix, ses envies, pour éviter les conflits ou pour plaire à l’autre.
Elle ne décide plus vraiment pour elle-même, elle s’adapte en permanence.
Et quand on parle d’isolement dans ce contexte, cela peut être complètement visible factuellement. C’est-à-dire que la personne ne côtoiera plus d’autre personne que son ou sa partenaire.
Mais cela peut aussi être un isolement émotionnel ou psychologique. C’est-à-dire que la personne sous emprise continue à voir du monde mais elle n’ose pas se confier, et elle se replie sur elle-même bien qu’elle soit entourée. Elle peut filtrer ce qu’elle dit, minimiser ce qu’elle vit et surtout protéger l’image du dominant.
La dévalorisation
Une autre caractéristique que l’on retrouve est la dévalorisation.
Dans une relation d’emprise, les critiques sont fréquentes : sur la manière d’être, de penser, de s’habiller, de parler. Rien n’est jamais vraiment suffisant. Et à force d’entendre des reproches ou des remarques dénigrantes, la personne dominée finit par intégrer l’idée qu’elle n’est pas à la hauteur. C’est un processus qui permet de détruire l’image de soi de la personne dominée.
La culpabilisation
On retrouve aussi très souvent la culpabilisation.
Le dominant renverse les responsabilités : si ça va mal, c’est de la faute de l’autre. S’il se met en colère, c’est parce qu’on l’a “provoqué”. S’il est distant, c’est parce qu’on n’a pas été assez ceci ou trop cela. Résultat : le dominé se sent coupable en permanence et essaie sans cesse de réparer quelque chose qu’il n’a pourtant ni cassé ni causé.
La confusion
Un autre élément de l’emprise va être la confusion. Tout devient flou. La personne dominée ne sait plus ce qui est normal ou non. Elle doute de ses ressentis, de ses perceptions. Elle en vient à se dire :
- “C’est peut-être moi qui exagère”,
- “Je suis trop sensible”,
- “Je me fais des idées” etc.
Le dominant parvient à faire douter l’autre de ce qu’il ou elle a dit, fait ou pense.
La peur
Ensuite, qui dit relation d’emprise, dit peur. Il n’y a pas d’emprise sans cette notion de peur. Peur de décevoir, peur de dire non, peur des réactions de l’autre, peur de créer un conflit, peur d’être seul, peur de perdre l’autre etc. Et parfois, la subtilité est telle que cette peur n’est pas forcément liée à des violences visibles, mais plutôt à un climat émotionnel tendu, imprévisible, où la personne dominée marche constamment sur des œufs.
Le contrôle
Sans surprise, il y a aussi du contrôle dans la relation. Contrôle des sorties, des fréquentations, du téléphone, de l’argent, du temps libre, des projets… Ce contrôle peut être autoritaire, ou au contraire très sournois, présenté comme de la protection ou de l’inquiétude.
La dépendance affective
Puis, il y a aussi une dépendance affective grandissante.
La personne dominée a de plus en plus de mal à imaginer sa vie sans l’autre. Elle se sent incapable de prendre des décisions seule et elle manque d’autonomie. Elle a l’impression d’avoir besoin de la validation de son partenaire pour exister, pour être rassurée, pour se sentir valable.
L’épuisement
Ce qui nous amène à l’une des caractéristique phare de l’emprise : l’épuisement.
La relation prend toute la place. Elle demande énormément d’énergie mentale. Si bien que la personne dominée se sent vidé, stressé, constamment en vigilance.
Là, où une relation saine apporte de la sécurité, l’emprise, elle, épuise à petit feu. Elle éteint pleinement la lumière de l’autre. Si bien que l’on constate parfois dans le couple, la personne dominante qui brille de mille feux là où la personne dominée devient peu à peu l’ombre d’elle-même tant elle s’est décentrée d’elle-même.
Et cela vient justement renforcer le sentiment de la personne sous-emprise de ne pas pouvoir s’extraire de la relation parce qu’elle estime avoir bien de la chance qu’une personne aussi solaire et merveilleuse veuille bien d’elle et l’aime.
Je vous ai cité un ensemble de signes. Ils n’apparaissent pas nécessairement tous et surtout, pas tous d’un coup. C’est justement là où le bât blesse. C’est tellement progressif qu’on ne se rend pas forcément compte de ce qui est en train de se passer.
Mais aussi, je vous invite à faire preuve de discernement. Si vous retrouvez certaines de ces caractéristiques dans votre couple, cela ne veut pas forcément dire que vous êtes dans une relation d’emprise.
En tant qu’être humain, il y a plein de moments dans notre vie où l’on peut user de techniques de manipulation consciemment ou non, sans pour autant créer cette dynamique d’emprise dans son couple. Mais plus ces signes là sont nombreux, présents, récurrents voire constants, plus il y a de chance que si vous vous retrouvez dans ces descriptions, cela vaille le coup de consulter un ou une thérapeute pour en parler et évoquer le sujet.
Le cycle de l’emprise
Donc, comme je le disais, une des difficultés à identifier l’emprise quand on est à l’intérieur de la relation vient du fait que cela s’installe très progressivement. Si bien que beaucoup de personnes sont tentées de se dire qu’elles doivent travailler sur elles pour que la relation fonctionne. Car les personnes dominées croient que ce sont elles qui ont un problème ou des blessures en tout genre qui font que le lien est insécurisant.
D’autant plus qu’avec la culpabilisation et la confusion, leur partenaire peut justement réussir à leur faire croire que si elles sont en insécurité c’est de leur faute.
Dans la relation d’emprise, on retrouve ainsi un cycle qui se répète et qui permet de maintenir une personne sous emprise.
La phase de séduction
Nous avons tout d’abord la phase de séduction. Cette phase s’apparente à une lune de miel, un état amoureux. Le début de relation peut être très fusionnel.
L’objectif du dominant va être de créer un fort attachement avec une dépendance affective.
En ce sens, le dominant se montre particulièrement attentionné, flatteur, voire généreux. Il va analyser les besoins et le manque affectif du dominé pour les combler et valoriser l’autre de manière intense et soudaine.
On retrouve du love bombing, sujet que j’ai déjà évoqué. N’hésitez pas à y jeter un oeil pour vous rafraichir la mémoire si besoin.
La phase de tension
Vient alors la phase de tension. Apparaissent :
- des remarques,
- des critiques,
- de la jalousie,
- des exigences,
- des reproches.
Avec cette étape, le dominant cherche à affaiblir l’estime de soi de l’autre afin de renforcer la dépendance affective.
On voit alors que le contrôle s’installe : sur le temps, les relations, les choix, les comportements.
C’est le moment où la personne dominée commence à douter d’elle-même, faire des efforts pour éviter les conflits et marcher sur des œufs.
Mais comme on est “que” à un stade de tension, la personne dominée trouve des excuses à l’autre et se dit encore : “Ce n’est qu’une mauvaise passe” ou “Il/elle est stressé(e) en ce moment.”
La phase de crise
À un moment, la tension accumulée finit par éclater. On parle de crise. Je trouve que le terme de descente est aussi assez intéressant pour illustrer ce que vit la personne sous emprise.
Cela peut prendre différentes formes : une dispute violente, des paroles humiliantes, du chantage affectif, du mépris. Parfois des violences verbales, psychologiques, physiques voire sexuelles.
C’est souvent là que la personne sous emprise souffre le plus et commence à penser :
“Je ne peux pas continuer comme ça.”
Mais au cours de cette crise, le dominant a pour objectif de neutraliser toute possibilité de recul ou de fuite. En jouant sur la culpabilisation. En disant à l’autre qu’il ou elle est trop instable, fragile, sensible. Qu’il ou elle n’est rien sans lui.
La personne sous emprise peut ainsi se retrouver en dissociation émotionnelle, en dissonance cognitive avec un gros risque de développement de troubles anxieux, dépression et même dans certains cas un état de stress post-traumatique.
Le retour de la lune de miel
Mais c’est aussi là que le dominant vient refermer son piège en amenant une nouvelle phase de lune de miel. Il peut alors s’excuser, promettre de changer, redevenir tendre et attentionné, faire des cadeaux, dire qu’il ne peut pas vivre sans l’autre.
Ce qui se passe à ce moment là pour le dominé est qu’il se dit qu’il a enfin retrouvé la personne du début. Et les personnes sous emprise vont souvent avoir ce discours que dans les bons moments, leur partenaire est merveilleux.
La répétition du cycle
Sauf que ce cycle qui se répète crée une alternance constante entre chaud et froid. Entre la dévalorisation et la revalorisation.
La personne sous emprise s’accroche aux moments positifs et minimise les moments destructeurs. Elle espère toujours retrouver la version idéalisée du début.
Puis le cycle se répète, et plus l’estime de soi baisse, plus la dépendance augmente, plus la capacité à partir diminue.
En résumé, le cycle de l’emprise, c’est :
Séduction → Tension → Crise → Réconciliation → et on recommence.
C’est cette répétition qui enferme la personne dominée dans la relation, parfois pendant des années. La personne sous emprise n’est pas nécessairement ou naïve dans la situation. Elle se retrouve piégée par des mécanismes bien rodés.
Le profil des victimes
Comme j’ai pu l’évoquer, se retrouver sous emprise peut arriver à n’importe qui. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas réservé à des personnes nécessairement fragiles ou vulnérables.
Au contraire, la personne dominante va souvent se tourner vers des profils qui ont quelque chose de lumineux : une sensibilité, une énergie, un statut, des ressources, un intellect, une stabilité émotionnelle…
Les manipulateurs sont généralement attirés par des personnes solaires, empathiques, investies, capables d’aimer profondément. Et d’ailleurs, beaucoup de victimes d’emprise sont, à la base, des personnes plutôt solides.
Simplement, aucun être humain n’est invulnérable. Nous avons toutes et tous des failles, des blessures, des peurs. Et le dominant cherche précisément ce point sensible, le « bon bouton » à activer, pour créer du lien et de la connexion afin d’entrer dans la première phase du cycle.
Mais aussi, cette emprise peut survenir à cause d’un lien de hiérarchie. Je pense notamment aux personnes d’un certain âge qui vont chercher une personne qui est encore en construction d’identité. La vingtaine et moins par exemple.
En terme de hiérarchie, je pense aussi aux relations au travail, entre un responsable et son employé. Mais notez bien que la hiérarchie n’implique pas la domination.
Mais aussi il peut y avoir cette notion d’emprise qui se crée lorsque l’admiration envers l’autre est excessive. Comme par exemple, envers un artiste, une célébrité, un médecin ou que sais-je. La personne mise sur un piédestal peut se servir de son statut pour obtenir des faveurs de la personne dont elle souhaite abuser. Et on reste dans ce mécanisme où la personne dominée se sent valorisée d’avoir été choisi par une personne si prestigieuse.
Ce qui nous amène donc au comment se libérer de l’emprise.
Peut-on rendre la relation d’emprise saine ?
La première question que se pose en général une personne sous emprise est : “Comment faire pour transformer cette relation toxique en une relation saine ?”
Et ceci est une question non fonctionnelle à se poser. Malheureusement, il n’y a pas mille façons de le dire avec des pincettes, ce n’est pas possible. On ne peut pas transformer une relation d’emprise en une relation saine.
La personne dominante ne se remet pas en question. Quand bien même vous avez l’impression que c’est le cas, il s’agit d’une énième stratégie pour vous maintenir dans l’emprise.
Il faut bien comprendre qu’une personne dominante, si elle sent qu’elle perd sa proie, elle peut aller jusqu’à accepter de venir en thérapie de couple. Elle endossera son plus beau costume de perfection pour, justement, tenter de faire dire au thérapeute que le problème ne vient pas d’elle. Elle peut aller jusqu’à venir à deux ou trois séances mais ça s’arrête tout de même très rapidement.
La seule façon de quitter l’emprise est de quitter la relation. On ne peut pas guérir dans l’environnement qui nous a rendu malade.
Et même s’il y a des enfants qui sont issus de cette union, ce n’est absolument un bon argument pour rester dans la relation. Mais je parlerai peut-être de cela plutôt dans un autre article.
Guérir de l’emprise
Une fois qu’on est parti, comment est-ce qu’on s’en sort ? Déjà, c’est un peu bateau mais il faut s’armer de beaucoup de douceur envers soi-même. Le processus de guérison après une relation d’emprise est long.
C’est très probable que la personne qui a été sous emprise n’ait plus de repères et ne sache plus ce qui est correct ou non dans une relation.
Ensuite, c’est important de bien s’entourer. Il me semble que c’est éventuellement possible de sortir de l’emprise par soi-même mais il faut vraiment avoir un moment où l’on parvient à s’extraire de l’environnement toxique pour avoir un déclic.
Prendre conscience du cycle de l’emprise
C’est généralement ce déclic qui permet d’entrer dans la première étape nécessaire pour mener à la guérison qui est la prise de conscience.
La personne sous emprise, peut constater que son couple dysfonctionne, partir à la recherche de solution.
C’est lorsqu’elle sera accompagnée qu’elle pourra prendre conscience du cycle de l’emprise et en reconnaître les mécanismes.
Nommer le fait qu’on est dans une relation dysfonctionnelle peut aider.
Ce que je vis n’est pas normal.
Ce n’est pas de l’amour.
C’est une relation qui me détruit.
Ce constat peut être douloureux mais c’est aussi cette douleur qui peut amener à s’échapper. Parce qu’une relation d’emprise menace la survie de la personne dominée.
Dans cette étape, je pense que c’est important de pouvoir sortir du silence. Notamment pour sortir de l’isolement.
Mettre des mots auprès de quelqu’un d’extérieur permet de :
- sortir du doute,
- retrouver des repères,
- entendre que non, on n’exagère pas.
C’est souvent à ce moment-là que la réalité commence à reprendre sa place. On peut ainsi parler à un proche ou à un professionnel de l’accompagnement.
Pour les proches, l’enjeu sera d’écouter, d’accueillir et d’être présent. Le plus important est de croire la personne et d’éviter le déni ou la minimisation.
C’est possible que du point de vue des proches, cela semble peu probable ce que la victime raconte mais c’est précisément là où le dominant a été trop fort. Il a construit une telle image de lui à l’extérieur que l’entourage pourrait avoir une vision très édulcorée de qui il est vraiment.
Restaurer l’estime de soi
Une deuxième étape essentielle pour guérir d’une relation d’emprise, c’est la restauration de l’estime de soi. Et avec elle, la capacité à retrouver du discernement.
Quand on comprend et qu’on reconnaît les mécanismes de l’emprise, on peut enfin mettre des mots sur ce qui n’était pas juste, sur ce qui n’était pas respectueux, et réaliser que ce que l’on a vécu ne relevait pas d’une relation d’amour saine et équilibrée.
Cette reconstruction de l’estime de soi prend du temps, plus ou moins selon les personnes. Et c’est important de le dire : il est normal que ce type de relation laisse des traces.
On peut avoir l’impression d’aller mieux, d’avancer, et pourtant, à certains moments, une situation, une parole, un souvenir peuvent encore déclencher de l’angoisse, de la tristesse, ou un sentiment de dévalorisation.
Parce qu’une relation d’emprise laisse une véritable empreinte psychologique. Elle installe des mécanismes de survie : l’adaptation permanente, la remise en question excessive, l’hypervigilance, la peur de mal faire.
Tous ces réflexes se sont construits pour se protéger dans la relation, mais une fois sorti de l’emprise, ils deviennent souvent inadaptés. Il faut alors apprendre à les déconstruire, pour retrouver des pensées et des comportements plus libres et plus sereins.
C’est pour cela que même après avoir quitté la relation, le risque de retomber dans d’anciens schémas reste présent. La familiarité du lien, le contact avec l’autre, direct ou indirect, peuvent réactiver des fonctionnements passés.
Se libérer de l’emprise ne s’arrête donc pas au moment de la rupture : c’est un véritable travail intérieur de reconstruction.
Reconstruire son identité
Ensuite, une autre étape qui va permettre de guérir va être la reconstruction de son identité au-delà de la relation.
La relation d’emprise objective la personne dominée. Au point que celle-ci n’a plus de sens propre de son identité. C’est pour cela que cette reconstruction est nécessaire.
Retrouver qui on est, qui on a envie d’être. Quelles sont nos envies, nos rêves, nos passions, nos ambitions etc.
Quels traits de caractère nous compose et quels sont nos besoins légitimes dans le lien.
C’est une étape de connaissance de soi qui peut être très salvatrice.
Guérir des traumatismes
Et enfin, on va avoir la guérison des traumatismes vécues. Il y a plusieurs d’accompagnement qui peuvent permettre d’avancer sur ce sujet. Cela peut être avec de l’EMDR, de l’hypnose, un accompagnement thérapeutique sur le long terme etc.
Les accompagnements thérapeutiques
Bien qu’il soit possible d’avancer seul, un accompagnement thérapeutique permet souvent de gagner un temps précieux.
Son rôle est d’aider à comprendre en profondeur les mécanismes de l’emprise, ce qui amène déjà beaucoup de déculpabilisation. On réalise que ce que l’on a vécu n’est pas le résultat d’une faiblesse personnelle, mais d’une dynamique relationnelle toxique.
Un accompagnement aide aussi à mieux identifier les signaux d’alerte, pour éviter de retomber plus tard dans des schémas similaires. Il permet de reconstruire des repères sains : réapprendre à se faire confiance, à poser des limites, à écouter ses besoins. Autant de bases indispensables pour pouvoir, à terme, bâtir une relation réellement épanouissante.
Et puis, se faire accompagner, c’est aussi ne pas traverser ce chemin seul. C’est être soutenu dans les moments de doute, de découragement, ou de rechute. Car sortir de l’emprise n’est pas un processus linéaire.
Il peut y avoir :
- des retours en arrière,
- des moments de doute,
- de la tristesse,
- de la nostalgie,
- l’envie de revenir.
Et tout cela est normal. Se libérer d’une emprise, ce n’est pas seulement quitter quelqu’un, c’est aussi se retrouver soi-même. Et parfois, au regard de ce que l’on a vécu, cela peut faire très peur.
Résumé
Si je devais résumer l’essentiel, je dirais que le cycle de l’emprise est un mécanisme répétitif, insidieux et destructeur, qui agit à la fois sur l’estime de soi, sur les émotions et même sur notre manière de penser.
En sortir demande du temps, de la compréhension et du soutien : comprendre les phases de l’emprise, reconnaître les signaux d’alerte, réapprendre à s’écouter, et s’entourer d’un cadre sécurisant.
Enfin, j’aimerais vous dire que personne n’est condamné à rester sous emprise. Il est toujours possible de retrouver sa liberté, sa voix et sa capacité à vivre des relations plus saines et plus respectueuses.
