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Le développement personnel, travailler sur soi, apprendre à se connaitre, s’aimer soi…

Cela a plein de bienfaits de travailler sur soi et pourtant, les relations amoureuses peuvent parfois en pâtir. Dans cet article, je vous partage mes réflexions et les pincettes qu’il me semble nécessaire de prendre lors de notre rencontre avec nous-même.

Sujet à découvrir auditivement ou visuellement !

Le business florissant du développement personnel

Cela fait quelques années que le développement personnel est un business qui fleurit et qui est un peu une forme de mode.

En soi, c’est une mode que je trouve très chouette puisqu’elle nous amène à réfléchir sur notre relation avec nous même, avec le monde ou même nos relations mais bien sûr, toute situation bénéfique apparaît avec son lot d’inconvénients.

J’ai ainsi envie de démêler un peu, avec vous, les freins que l’on peut rencontrer en amour quand on est dans cette démarche d’évolution personnelle.

Bien entendu, je ne cherche pas à diaboliser le développement personnel mais il se trouve que nos relations peuvent en souffrir.

Dans le livre suivant :

L’auteure dit justement à ce sujet :

“Un des premiers dommages collatéraux du développement personnel est le couple.

Mis à part certaines visions en psychothérapie, il est facile aujourd’hui pour le thérapeute de faire alliance avec son client en lui proposant de se poser les bonnes questions sur son couple lorsqu’il parle de ses problèmes conjugaux, sous-entendant que le couple est l’obstacle à l’épanouissement personnel”.

La quête de l’évolution personnelle

Ces dernières années je me suis un peu lancée à corps perdu dans mon évolution personnelle et au final, certaines de mes relations ont pu en souffrir et je ne m’étais pas forcément remise en question, du moins pas tout de suite.

Cela a été positif dans le sens où j’avais besoin de vivre cette expérience à ce rythme là mais j’ai envie de vous partager ma réflexion maintenant que j’ai du recul.

Lorsque j’avais le nez dedans et que j’étais en train d’écumer les livres numéro 1 des ventes.

Je me disais:

“moi j’avance, je ne vais pas forcément continuer à fréquenter des personnes qui n’ont pas le même degré d’évolution, elles ne me font pas du bien, j’ai envie de m’entourer de personnes positives”.

Là, il y a deux possibilités. Vous ne voyez pas le problème de cette phrase et êtes d’accord avec la Andréa du passé ou au contraire je vous ai fait tiquer. 

L’équilibre à trouver entre avantages et inconvénients

Il est bien de s’entourer de personnes positives.

Le problème avec la phrase précédente est qu’elle n’était pas du tout nuancée.

C’est-à-dire que j’allais simplement rejeter de ma vie, tout ce que je considérais ne pas être positif.

J’allais prendre de la distance avec les personnes qui à mes yeux n’étaient pas positives. Sous-entendu, les personnes qui freinent mon évolution personnelle.

En fait, j’avais entendu cette phrase selon laquelle nous sommes en quelque sorte un mélange des 5 personnes que nous fréquentons le plus.

De fait, pour moi, parmi ces 5 personnes, il fallait des personnes qui m’inspirent et qui ont envie de se dépasser.

C’est vraiment cool de s’entourer de personnes qui nous inspirent et qui nous donnent envie de nous dépasser, je ne dis pas le contraire.

Ces personnes qui nous donnent de l’énergie et nous inspirent, elles ont aussi leurs moments d’énergies plus basses. Elles ont aussi des moments où elles vont être tristes. Des moments où, ce ne seront plus elles qui me tireront vers le haut mais moi qui pourraient faire office de présence envers elles. 

Le degré d’évolution personnelle

Le souci en fait, c’est plutôt qui suis-je pour juger que cette personne est suffisamment avancée dans son évolution pour mériter sa place dans mon entourage ?

Cela paraît très radical dit comme ça, je n’en avais pas conscience à ce moment-là. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des personnes dont ce n’est pas bon de prendre de la distance, ce que je veux plutôt dire c’est qu’on a tous quelque chose à apporter, une merveille en nous et je n’étais pas du tout dans la démarche de voir la merveille de l’autre. 

Quand on rentre dans cette démarche, on évince toute une catégorie de personnes qu’on estime ne pas être faite pour nous et on attend des autres qu’ils aient le même degré d’évolution que nous. Pourtant on avance tous à notre propre rythme et il n’y en a pas un qui soit mieux qu’un autre. C’est simplement de réussir à être dans l’accueil de la différence de l’autre.

Nos proches ne sont pas nos coachs, thérapeutes ou encore professeurs

Je vous en parle concernant les relations amoureuses parce que j’ai eu un déclic lors d’une conversation avec mon père il y a quelques années.

Je lui décrivais à quoi ressemblait mon partenaire idéal. À priori, j’avais dû le décrire comme quelqu’un qui me pousse à être la meilleure version de moi-même, qui me challenge, me soutienne et m’inspire.

Il m’avait répondu:

“Ce n’est pas un partenaire que tu veux, c’est un coach”.

Sa réponse m’avait mis hors de moi. Intérieurement en tout cas. J’étais traversée par le fait de me dire “Je suis dans le juste, c’est lui qui ne sait pas de quoi il parle. J’aspire à avoir une belle vie épanouie et ça devrait être le cas pour mon partenaire aussi. C’est possible d’avoir ça, je le sais. Moi je pourrais être capable d’être cette personne pour l’autre, je cherche pas à être en couple avec un coach”.

En fait c’était un peu le cas, il avait vu juste, je cherchais à être avec un coach. On peut être en couple avec un coach sans problème. Mais par contre si on se met en posture de coachée avec son partenaire, là ce n’est pas super car ça crée un déséquilibre.

L’individualisation de la société

L’individualisation de la société nous amène à être indépendants, centrés sur l’affirmation de soi.

Je trouve qu’il y a une forte injonction au bien-être avec le développement personnel.

À la moindre déception, on a tendance à vite baisser les bras en se disant qu’on pourrait avoir mieux ou qu’on n’est pas compatible. Cela rejoint à nouveau le fait que l’autre est un frein à notre développement personnel.

C’est évident qu’on a pas envie de se mettre en couple avec une personne qui à première vue va nous appauvrir mais il faut également envisager qu’en s’ouvrant à l’autre, en lâchant le contrôle, l’autre va être capable de nous bousculer, de nous enrichir même si on ne se rends pas compte instantanément. La compatibilité amoureuse dépend de nos visions de l’amour respective et non pas de nos critères superficiels de recherche.

Dans une certaine mesure, le développement personnel participe à maintenir notre vision erronée de l’amour.

Le couple apparaît comme un bonus. Parce qu’aujourd’hui on peut être célibataire et épanoui.

Le couple n’est plus un critère d’épanouissement personnel alors c’est évident que lorsque l’on rentre dans une relation on aimerait qu’elle soit belle. Mais l’amour ce n’est pas magique. La relation apporte son lot d’avantages et d’inconvénients. 

Une dose de sagesse par Lise Bourbeau

J’avais cette réflexion sur le développement personnel et les relations amoureuses depuis un moment et cela s’est renforcé après avoir lu un passage du livre de Lise Bourbeau sur les relations intimes.

Dans cet ouvrage, elle répond à plusieurs questions qui lui sont régulièrement posées concernant les relations intimes. Elle formule des réponses à des questions très justes et je vais vous lire sa réponse pour celle-ci.

Une personne lui demande: “Comment vivre heureuse avec un conjoint qui n’a pas le même degré d’évolution ? C’est beau de respecter l’autre mais ça ne m’attire pas.”

Extrait du livre de Lise Bourbeau

Si votre conjoint ne veut pas évoluer dans le même sens et à la même vitesse que vous, cela ne signifie pas qu’il n’évolue pas du tout. Son rythme est simplement différent du vôtre.

Aucune personne sur cette planète n’a le droit de vouloir contrôler l’évolution d’une autre personne.

Si vous arrêtiez de vouloir qu’il suive votre cheminement et si vous commenciez à l’observer, à l’écouter et à le sentir véritablement, vous pourriez constater qu’il évolue tout comme vous le faites. L’évolution intérieure est un processus très subtil et les résultats sont plus ou moins apparents selon les individus.

Posez lui des questions profondes, demandez lui sa perception de la vie et écoutez bien ses réponses, surtout celles qui ne vous satisfont pas.

Il se peut fort bien que sa vision de la vie soit très profonde et que vous n’en sachiez rien. Il n’est pas nécessaire que deux conjoints évoluent dans le même sens et à la même vitesse. Vous devez sûrement accepter qu’il y ait des personnes très spéciales, même si elles suivent des cheminements différents du vôtre.

Il est très dangereux de se penser plus évolué que quelqu’un d’autre.

Cela s’appelle de l’orgueil spirituel.

L’orgueil est un obstacle majeur sur le chemin de notre évolution personnelle et je vous suggère d’être prudente dans ce domaine. N’oubliez pas que vous êtes ici pour reprendre contact avec votre dieu intérieur et non pour contrôler que les autres agissent à votre façon.

Je ne sais pas si sa réponse va résonner en vous mais je la trouve vraiment très éclairante.

Développement personnel et amour de soi

Quand on parle d’amour de soi, par exemple, on a peur de devenir une personne narcissique, égocentré. Qu’on commence à s’aimer tellement qu’on en devient imbus de nous-même.

Par contre, quand on est sur notre chemin d’introspection et d’évolution, ça ne nous choque pas de remettre en question le couple, l’autre s’il n’agit pas comme on pense qu’il devrait agir. Même si on a pas de projet de changement de l’autre, d’essayer de le faire devenir quelqu’un d’autre, ça nous semble quand même compliqué de regarder l’autre tel qu’il est.

C’est -à -dire un être différent. Un être qui agit différemment de nous. 

Nos projections sur l’autre

Cela peut partir d’un super bel espace, qui est de vouloir le meilleur pour l’autre. Mais Si la personne en face est satisfaite de sa situation. Vouloir l’amener à se révéler davantage, à briller et à évoluer plus vite qu’à son rythme, ce n’est pas une preuve d’amour. 

Exemple :

Disons que mon partenaire est technicien. Il est content d’être technicien.

Cela dit, à mon sens, il a les capacités pour être chef d’équipe.

Alors je vais le pousser dans cette voie parce que moi, j’estime que c’est ce qui est mieux pour lui.

Cela part d’une belle intention dans le sens où je crois en lui, il a les capacités d’être chef, je pense qu’il pourrait s’épanouir dans ce poste là. En fait, ce n’est pas ma place de décider pour lui ce que je pense être mieux. Dans un cas comme celui-ci c’est plutôt une projection de moi, mes propres rêves que je n’accomplis pas que je vais projeter sur lui pour que lui il évolue.

En revanche, si la personne n’est pas dans une situation épanouissante, qu’elle s’enlise dedans, et que c’est parce qu’elle est dans la peur qu’elle n’agit pas, ok.

On peut pousser un peu l’autre mais c’est plus soutenir l’autre qui est important. Soutenir la personne et l’accompagner à son rythme.

Respecter les différences de rythmes

Alors comment est-ce qu’on fait quand on a pris conscience que oui, on ne peut pas attendre de l’autre qu’il évolue à notre vitesse ?

Comprendre quelque chose ne signifie pas que nous l’acceptons.

Je vais plutôt utiliser le mot concevoir, puisque dans une réelle compréhension, l’acceptation est incluse.

Je vais plutôt dire, je conçois que l’autre n’évolue pas à mon rythme, je conçois qu’il est différent et n’agis pas comme moi mais je n’arrive pas pour autant à accepter ses décisions ou ses choix. Cela peut être frustrant.

Apprendre à connaitre notre partenaire

La connaissance de l’autre nous permet d’être une aide et un soutien. 

Celle-ci nous permet d’arriver à l’acceptation.

Lorsque nous comprenons pleinement notre partenaire et son fonctionnement qui est différent du notre on ne cherche plus à  lui prêter ses agissements ou ses manières de pensées.

Nous lui laissons la liberté d’être dans la relation, de grandir à son propre rythme, d’être en confiance et d’être aimé pour qui elle est. Si vous avez l’impression que l’autre n’est plus attirant, plus inspirant et qu’il ne vous convient plus, je vous invite à réfléchir en prenant un autre angle de vue.

Et si ce sentiment venait simplement du fait que vous avez besoin de nourrir votre connexion émotionnelle avec l’autre ?

J’entends par là entretenir le lien, dialoguer. Et ce, en profondeur.