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Travailler sur soi pour être heureux en couple. Est-ce une utopie ou une réalité ?

Depuis toujours, l’être humain aspire au bonheur.

Je ne connais personnellement personne qui se lève le matin en se disant « Si seulement je pouvais être malheureux toute ma vie. »

De fait, de part cette aspiration naturelle au bien-être, la démarche de développement personnel est en croissance de jour en jour.

Avec cette quête du bonheur, la notion de couple heureux sur le long terme se révèle également.

Il semblerait que pour y parvenir, l’un des moyens préconisé est de travailler sur soi.

Qu’est-ce que travailler sur soi ?

Quand on parle de travailler sur soi, il s’agit de faire le point sur notre vie. C’est un travail d’introspection où nous allons pouvoir regarder ce qui nous convient, ce que nous voulons conserver dans notre vie ainsi que ce dont on aimerait se débarrasser.

Travailler sur soi c’est faire le choix de porter un regard critique sur nous-même afin d’évoluer vers une version encore meilleure de nous-même.

Travailler sur soi pour devenir la meilleure version de soi

Une idée beaucoup véhiculée par le fait de travailler sur soi est de la faire dans l’objectif de devenir une meilleure version de soi-même.

Bien que cette élan soit louable, il est également source de nombreuses tensions.

De mon point de vue, nous sommes déjà, en tout temps, une meilleure version de nous-même. Tous les jours nous évoluons, nous apprenons et nous grandissons. Même dans les périodes de vide, où nous avons le sentiment de stagner, nous continuons à avancer et changer.

Travailler sur soi pour la guérison nos blessures

Un sujet sous-jacent au travail sur soi est la guérison de nos blessures. Nous pouvons avoir conscience des différents évènements de notre vie qui nous impacté et touché sans réellement percevoir à quel point ils ont encore une influence sur nous.

Comme le souligne Florentine d’Aulnois-Wang, nous sommes des poupées russes. Au fur et à mesure que les années passent, nos poupées russes s’empilent. En effet, les différents moi se succèdent :

  • L’enfant qui a 5 ans qui voulait être parfaite aux yeux de ses parents
  • L’adolescente de 14 ans avec son premier grand chagrin d’amour
  • Celle de 16 ans qui vit dans la souffrance de la dépression
  • La pré-adulte de 21 ans qui laisse partir son innocence
  • La jeune active rêveuse de 23 ans qui découvre le monde du travail
  • etc.

Chacune de ces petites poupées a un vécu. Si bien que, les expériences ne s’oublient pas, elles sont gravées en nous.

Quand nos poupées russes s’expriment

Une tendance naturelle est de ne vouloir garder que le meilleur de nos expériences. Nous voulons nous souvenir du bon, de l’agréable et du plaisant plutôt que de l’embarrassant et le piquant.

On peut ainsi tasser dans un coin le douloureux et tourné la tête. Cela dit, il est bien là. Il existe et il est présent dans nos poupées russes.

Lors de nos interactions avec le monde extérieur, il arrive que nos « moi » du passé prenne le pas sur le « moi » du présent et s’exprime à notre place.

C’est la raison pour laquelle nous parlons de guérison de nos blessures. Nous venons apaiser les poupées russes en nous de façon à ce que la personne qui s’exprime dans nos différents échanges avec le monde soit une version de soi ancrée.

Toutes nos facettes ont le droit d’être, il existe simplement des contextes dans lesquels la petite fille, l’adolescente ou la pré-adulte ne sont pas les plus qualifiées pour faire face aux évènements que la vie nous envoie.

L’ère de la connaissance de soi

Voilà pourquoi la connaissance de soi est un cadeau. Cela nous permet de mieux comprendre nos :

  • valeurs
  • aspirations
  • réactions
  • besoins

Lorsque l’on apprend à mieux se connaitre, on conçoit la possibilité que certaines de nos réactions, de nos douleurs perçues et de nos émotions sont celles d’une poupée russe qui prend le pas sur une autre.

  • “Je ne comprends pas pourquoi j’ai réagi aussi violemment”
  • “J’ai peur parce que j’ai déjà vécu cela dans le passé”
  • “S’iel fait cela ça veut dire cela”

Nos cheminements de pensées sont, tout naturellement, co-construits avec nos diverses poupées russes.

Ainsi, lorsque les crises se profilent, les disputes récurrentes se succèdent ou que nos émotions s’emballent, il arrive que ce soit une histoire de poupées russes.

La transposition du travail sur soi au couple

Lorsque nous comprenons l’impact que peuvent avoir nos blessures passées, nos conditionnements, l’héritage familiale etc. Nous réalisons que mieux nous connaitre ne peut-être que bénéfique dans la co-construction d’une relation amoureuse.

Alors nous travaillons sur nous pour pouvoir définir nos limites, nos besoins, apprendre à mieux communiquer etc.

Par conséquent, cette introspection va permettre d’avoir un impact positif sur le couple. Dans de nombreux cas, lorsqu’individuellement, nous avançons vers une version de soi plus épanoui, plus ouverte ou même plus aimante, nous devenons une source d’inspiration pour l’autre.

Par effet miroir, notre partenaire peut ressentir cet élan d’évolution et se sentir porter par notre énergie positive.

La limite du soi face au nous

Malheureusement, il arrive que dans cette quête du soi, nous perdons de vue que nous sommes deux dans la relation et qu’il faut être deux pour avancer.

Lorsque l’on choisit de travailler sur soi. On le fait avant tout pour soi et non pour quelqu’un d’autre.

Je vois beaucoup de personnes solliciter des séances de coaching afin de travailler sur soi, mieux se connaitre pour que le couple aille mieux. Ici, l’objectif n’est plus l’apprentissage pour soi mais pour « résoudre le couple ».

Là où il est vrai qu’une bonne connaissance de soi contribue à poser des bases solides pour une relation saine, elle ne remplace pas le fait que nous n’avons pas de pouvoir sur l’investissement de notre partenaire. 

En effet, certaines personnes viennent me voir en me disant :

  • J’aimerais accepter qu’iel n’aime pas communiquer
  • Je cherche à mieux me connaitre pour que le sexe soit plus épanouissant pour moi
  • Je souhaiterais trouver des solutions pour tolérer x situations

Il est parfois difficile de déterminer si nous sommes en train de vouloir accepter une relation où les valeurs ne se rejoignent pas ou s’il s’agit sincèrement d’une différence de fonctionnement entre deux individus différents.

Entre suradaptation amoureuse et compréhension à outrance

Il existe bien entendu des cas où la connaissance de soi va permettre de contribuer à améliorer la relation et débloquer des problèmes.

Cela dit, cela ne change pas le fait que vous êtes deux dans la co-construction du couple.

L’un ne peut pas faire le travail requis par deux personnes sans s’épuiser.

Accepter certaines situations, oui. Cela dit, les accepter lorsqu’elle respecte vos limites et vos besoins personnels. Il arrive qu’à trop vouloir accepter l’autre tel qu’iel est, on oublie nos propres besoins.

Cette démarche de connaissance de soi se retourne alors contre nous. On commence à établir les problèmes et chercher les problèmes seul.e.s. Là où les réponses pourraient être apportées dans une forme de cohésion et solidarité.

  • La communication fait partie des piliers d’un couple. Accepter qu’une personne peut avoir de la difficulté à s’exprimer ne signifie pas renier notre propre besoin d’échanger.  Nous pouvons faire preuve de patience, de tolérance, de bienveillance pour construire un espace sécuritaire dans lequel l’autre puisse se sentir libre de partager sa vérité.
  • Quand bien même nous avons des blessures, des traumatismes, des peurs face à la sexualité, celle-ci se construit à deux. Il est en effet possible d’apprendre à connaitre nos goûts, nos freins et notre fonctionnement pour le communiquer. Cela dit, vous êtes deux dans la co-construction de celle-ci est chacun peut chercher des solutions pour la rendre épanouissante.
  • Tolérer des situations est louable tant que nous ne nous oublions pas au passage

Le chemin de la connaissance de soi n’est jamais fini. Nous sommes des êtres en mouvement constant. C’est le propre du vivant.

La construction d’un couple conscient et intentionnel passe par cette question :

  • Qu’est-ce que je peux mettre en place pour … ?

Et chaque personne du couple est dans cette démarche de contribuer aux réponses de cette question.

Partir ou rester ?

Bien entendu, je ne vous dit pas de partir d’une relation dès qu’il y a l’une des deux personnes qui s’investit moins. Nous sommes cycliques. Il arrive que parfois l’une des deux personnes soit celle qui soit le moteur puis les rôles s’inversent.

Le couple est une danse où chacun peut prendre l’initiative des prochains pas et mouvements.

Je vous invite simplement aujourd’hui à envisager, si vous êtes dans une relation, que toutes les réponses n’ont pas besoin de venir de vous. Vous n’êtes pas obligé de porter seul.e le poids des questions et des réponses.

Je peux vous aider à y voir plus clair si vous le souhaitez. Ce serait un plaisir pour moi d’échanger avec vous prochainement.

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