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Peut-être que le terme suradaptation ne vous parle pas mais vous avez très probablement déjà observé des cas de suradaptation que ce soit dans vos propres relations ou celles de vos proches.

Dans cet article, nous allons ainsi voir ce qu’est la suradaptation, les conséquences que cela a sur votre vie affective et puis bien-sûr comment on peut en sortir. Libre à vous de lire ou écouter mes propos sur le podcast coeur d’articoach !

La première chose que j’ai envie de vous dire sur ce sujet, c’est que s’adapter à l’autre dans le couple c’est normal. 

On est deux dans une relation, avec deux fonctionnements différents et donc on doit d’une certaine façon s’adapter aux différences de l’autre. Mais cela peut devenir problématique quand on s’adapte trop à l’autre. 

S’adapter est positif

On peut voir l’adaptation comme un signe d’intelligence. En permanence, en tant qu’être humain, on doit s’adapter à des conditions externes sur lesquelles nous n’avons pas forcément de pouvoir. 

Dans la société par exemple, on s’adapte aux coutumes du pays dans lequel on vit, de son administratif, des codes sociaux, des particularités de l’environnement, des conditions d’accès etc. 

Notre pouvoir d’adaptation réside aussi dans le fait de, parfois, pouvoir changer ce qui ne nous convient pas. 

Si par exemple, je n’aime pas mon travail, j’ai la possibilité de modifier des outils, des processus mis en place, des méthodologies, de l’organisation etc.

Cette faculté d’adaptation qu’on a, elle est donc très riche parce qu’elle va nous permettre de trouver de l’équilibre, de la sécurité, de l’épanouissement ou même de l’indépendance.

L’adaptation dans le couple

Quand on est en couple, s’adapter ça veut dire tenir des comptes des limites de chacun. Cela veut dire être en mesure de toucher du doigt quand il est nécessaire de se rapprocher, de partager des moments de connexion mais aussi se rendre compte des instants où il est préférable de se séparer.

La rencontre entre deux univers

Un couple, si je peux le schématiser ainsi, c’est deux planètes différentes qui entrent en collision. 

On a ainsi la première planète qui correspond à mes passions, mes rêves, mes expériences et aussi mes façons de faire. J’ai ma propre vision du monde depuis le prisme de ma propre planète.

Et de l’autre côté, il y a la planète de mon partenaire avec ses rêves, ses ambitions, ses expériences, sa vision du monde etc. depuis sa planète.

La collision des deux, c’est l’espace où nos deux planètes se rencontrent et on choisit de bâtir notre relation sur ce terrain commun que l’on partage désormais.

Les efforts dans le couple  

Pour que ce terrain commun conviennent aux deux partis, cela demande des efforts, de la patience et encore de la conscience.

On va faire des concessions. On saura pourquoi on les fait, parce qu’on on aura conscience de la balance du positif que l’on retire de la relation.

Mais les efforts nous font parfois franchir la ligne des concessions, des sacrifices et de la suradaptation. Il n’y a qu’un pas entre s’adapter à l’autre et se sur-adapter.

C’est important de parvenir à percevoir quand est-ce qu’on fait les choses dans le don du soi et quand on est-ce qu’on va commencer à les faire par peur de perdre l’amour de l’autre.

Les conséquences de la suradaptation amoureuse

Si je reprends mon schéma précédent avec les planètes, la suradaptation c’est le moment où on choisit non plus de vivre dans le terrain commun qui a été construit mais on choisit de vivre et relationner sur une seule des deux planètes

Vous pouvez donc bien imaginer qu’il y a toujours la part commune. 

Ainsi, la personne qui s’adapte trouve quelques repères quand même dans cet univers mais petit à petit la frontière de la planète de l’autre va gagner du terrain jusqu’au point où il ne reste presque plus rien de l’espace commun. 

Par conséquent, il y a l’une des deux planètes qui a “colonisé” tout l’espace.

Conséquences chez celui ou celle qui s’adapte

Et cette colonisation, qui s’installe tout doucement et naturellement à un impact fort sur celui ou celle qui s’adapte. 

Un héritage culturel

Pour information, on remarque que cette problématique revient davantage chez les personnes qui s’identifient au genre féminin. 

C’est un héritage du fonctionnement de la société, c’est une histoire de culture et on n’a pas à s’en vouloir quand ça arrive. C’est juste là et ce qui compte c’est ce qu’on choisit d’en faire.

Ainsi, la personne qui s’adapte va commencer à perdre sa singularité. 

À force de rencontrer l’autre dans son univers et de ne plus se préoccuper de ce dont elle a envie, elle va s’oublier. 

C’est-à-dire que pour plaire à l’autre, pour que la relation fonctionne, elle va permettre d’éviter les conflits et les frictions au détriment d’elle-même.

S’oublier soi-même

Notre planète individuelle est constituée de nos rêves, nos émotions, nos ambitions et nos spécificités. Quand on met tout de côté pour l’autre, on lui donne les clés pour ne plus nous aimer. Puisque ce qu’on aime chez l’autre c’est justement tout ce qui touche à l’être de l’autre.

Et donc c’est terrible puisque la personne qui s’adapte pour garder l’amour de l’autre et en fait, en train de donner les clés pour ne plus être aimer.

Le piège d’une adaptation excessive

Le problème quand on commence à agir pour se fondre avec l’autre c’est qu’on perd finalement une part de notre personnalité. Jusqu’au point où on peut presque être “insipide”.

Et quand on commence à s’oublier, à s’adapter excessivement, c’est qu’on perd l’attrait qu’on a envers nous-même. On arrive alors à une estime de soi qui diminue. Une sensation de vide qui ne saurait être remplie par l’autre.

Conséquences pour celui qui ne s’adapte pas

Nous arrivons désormais aux bénéfices pour celui qui apprécie l’adaptation de l’autre. Il ou elle va être au début pleinement comblé. 

Puisqu’iel est chouchouté, respecté et aimé. Malheureusement, au bout d’un moment, cela va commencer à devenir étouffant.

Le don de l’autre va commencer à lui donner l’impression que son ou sa partenaire n’est plus la personne qu’iel a connu. Dans certains cas, il peut y avoir un sentiment de trahison. 

“Ce n’est plus la femme ou l’homme que j’ai aimé”.

Sortir de la suradaptation amoureuse

Comme vous avez pu le voir, même si ça peut paraître chouette au début, sur le long terme, s’adapter à outrance est une très mauvaise idée.

Apprendre à se connaître

Pour éviter d’en arriver là, la première clé est de se connaître.

Lorsqu’on a une bonne conscience de qui on est, de nos émotions, de nos envies, de nos rêves etc. C’est plus facile de s’y reconnecter quand on commence à trop s’adapter.

Cette connaissance de soi, elle va permettre de communiquer à l’autre nos besoins et nos limites. Donc normalement, si c’est clair, l’autre ne devrait pas empiéter sur le terrain personnel ainsi que le terrain commun parce qu’en amont, iel a eu l’information des limites à ne pas franchir.

De même, cette communication sur les valeurs, les priorités ou les besoins, a pour effet que l’autre fasse une partie du chemin pour nous rencontrer.

En osant nous affirmer, on est aimé pour qui on est. 

Ne pas nourrir la culpabilisation

Ensuite deuxième clé, on sort de la culpabilisation. Et on ne nourrit pas une dynamique victime-bourreau.

Une dynamique qui se construit main dans la main

Il y a simplement deux êtres humains qui composent avec ce qu’on leur donne et ce qu’ils ont envie de donner. 

Vous n’avez pas à vous en vouloir, si vous vous adaptez trop à l’autre. Vous n’êtes pas à blâmer. Votre intention est de faire fonctionner la relation. Votre intention est de conserver l’amour de l’autre.

Tout comme si vous êtes la personne qui profite des différents bénéfices de l’adaptation de l’autre et bien c’est ok. C’est humain d’apprécier ce que l’autre a à offrir. Votre désir d’être aimé est tout à fait normal.

De votre côté, vous pouvez déjà, dans un premier temps, prendre conscience que vous vous êtes installé bien confortablement dans votre monde en prenant la relation, d’une certaine façon, pour acquise.

Oser demander de l’aide

Et enfin troisième clé, on ose demander de l’aide. Que ce soit auprès de votre partenaire ou auprès de professionnels dans le domaine, comme moi.

Votre partenaire ne peut pas deviner ce dont vous avez besoin. Ce qui rejoint donc la première clé. Se connaître soi-même.

Il y a donc un équilibre à trouver entre ce qu’on prend et ce qu’on donne dans la relation.

Bien sûr que nous ne sommes pas pas là en train de compter et calculer qui a donné quoi mais l’investissement amoureux doit aller dans les deux sens pour que chacun puisse s’épanouir dans la relation.

J’espère que cet article vous apporte de la clarté. N’hésitez pas à me contacter si vous faites face à une problématique amoureuse.